Types d’anxiété sociale
L’anxiété sociale ne se manifeste pas de la même manière chez tout le monde. Les situations redoutées, les formes de jugement anticipées et les réactions face à l’anxiété peuvent être très différentes d’une personne à l’autre.
Une personne peut surtout craindre de parler en public. Une autre peut éprouver davantage de difficultés lors de conversations informelles. Une autre encore peut avoir particulièrement peur de rougir, de trembler, d’offenser quelqu’un, de paraître incompétente ou d’être perçue comme fondamentalement inadéquate.
C’est pourquoi beaucoup de personnes se demandent : « Quel type d’anxiété sociale ai-je ? » La question est compréhensible, mais la réponse demande de la prudence.
Le trouble d’anxiété sociale ne comporte pas un ensemble de sous-types diagnostiques bien établis. Il est généralement plus juste de parler de schémas, de dimensions et de profils qui se chevauchent plutôt que de types fixes.
Réponse courte
Il n’existe pas plusieurs types officiellement reconnus de trouble d’anxiété sociale. Le DSM-5-TR comprend un spécificateur « performance uniquement » lorsque la peur se limite au fait de parler ou de se produire en public. Au-delà de ce cas, les sous-types et profils proposés restent des sujets de recherche, et non des catégories diagnostiques établies.
Dans la pratique, l’anxiété sociale peut varier selon :
- Les situations qui déclenchent la peur
- Le caractère circonscrit ou étendu de l’anxiété
- Sa sévérité et ses répercussions sur la vie
- Ce que la personne craint que les autres remarquent ou concluent
- L’importance de l’évitement
- Les comportements de sécurité utilisés
- La présence éventuelle de honte, de rumination mentale, de solitude, d’un manque de motivation, de dépression ou d’autres difficultés
« Types d’anxiété sociale » est une expression utile dans la vie courante. Sur le plan scientifique, il est toutefois généralement plus précis de décrire le schéma d’une personne selon plusieurs dimensions que de la placer dans une catégorie fixe.
Types, schémas et profils
Un type évoque une catégorie distincte : une personne appartient à un groupe plutôt qu’à un autre.
Un schéma décrit la manière dont l’anxiété sociale tend à se manifester. Par exemple, une personne peut ressentir une forte anxiété dans les interactions, craindre que ses symptômes soient visibles et s’appuyer beaucoup sur la préparation.
Un profil est plus large. Il peut réunir des informations sur les situations redoutées, les peurs centrales, l’évitement, les symptômes physiques, la honte, la régulation émotionnelle, la motivation sociale, la personnalité, la solitude, la dépression et d’autres caractéristiques pertinentes.
Cette distinction est importante, car les personnes entrent rarement dans une seule case. Quelqu’un peut craindre à la fois de parler en public et d’avoir des rendez-vous amoureux, s’inquiéter de rougir et d’être rejeté, éviter complètement certaines situations et en affronter d’autres en recourant à des comportements de sécurité. Son schéma peut aussi varier selon les situations et évoluer avec le temps.
Le but n’est pas de trouver l’étiquette parfaite. Il s’agit de comprendre suffisamment clairement le schéma actuel de la personne pour repérer ce qui provoque sa détresse, ce qui limite sa vie et ce qui pourrait devoir changer.
Classification diagnostique officielle
Le spécificateur « performance uniquement » du DSM-5-TR
Le DSM-5-TR comprend un spécificateur « performance uniquement » pour le trouble d’anxiété sociale. Il s’applique lorsque la peur se limite au fait de parler ou de se produire en public.
Il peut notamment s’agir de :
- Faire un discours ou une présentation
- Jouer de la musique ou monter sur scène
- Lire à voix haute
- Parler dans un contexte d’évaluation formelle
- Participer à une compétition ou se produire devant un public
Ce schéma peut être très éprouvant et limiter les études, l’emploi, les activités créatives et l’évolution professionnelle. Une peur n’est pas nécessairement légère simplement parce qu’elle se limite à un domaine.
Cependant, beaucoup de personnes qui redoutent de parler en public ressentent aussi de l’anxiété lors de réunions, de conversations, de rendez-vous amoureux, de repas en public ou dans d’autres situations. La recherche s’interroge sur le fait de savoir si l’anxiété sociale limitée à la performance est toujours qualitativement distincte ou si elle représente souvent une manifestation plus circonscrite sur un continuum plus large.
CIM-11
La CIM-11 décrit le trouble d’anxiété sociale à partir de ses caractéristiques centrales — peur persistante d’une évaluation négative dans les situations sociales, évitement ou détresse intense et retentissement important —, mais elle n’établit pas une série de sous-types distincts d’anxiété sociale.
Ce que signifie « officiel » ici
Un spécificateur diagnostique n’est pas une explication entièrement validée de l’hétérogénéité. Il fournit des informations descriptives utiles sur le plan clinique, mais ne rend pas compte de toutes les différences significatives entre les personnes ayant une anxiété sociale.
Quatre dimensions de variation de l’anxiété sociale
Plutôt que de chercher un type définitif, il peut être plus utile de décrire l’anxiété sociale selon quatre axes complémentaires.
1. Situations redoutées
L’anxiété apparaît-elle surtout lors d’interactions, de performances, lorsqu’on est observé, dans l’intimité, lors de conflits ou dans plusieurs de ces contextes ?
2. Étendue et sévérité
La peur se limite-t-elle à quelques situations ou touche-t-elle de nombreux domaines de la vie ? Quelle détresse et quelles limitations entraîne-t-elle ?
3. Conséquences redoutées
La personne craint-elle de paraître incompétente, de montrer son anxiété, d’offenser les autres, d’être rejetée ou de révéler quelque chose de honteux ?
4. Processus de maintien
Comment l’évitement, les comportements de sécurité, l’attention centrée sur soi, la rumination mentale, la honte et d’autres difficultés interagissent-ils ?
Ces axes se chevauchent. Ensemble, ils donnent une image plus complète qu’une seule étiquette.
Axe 1 : quelles situations déclenchent l’anxiété ?
Les peurs sociales sont souvent regroupées en situations d’interaction, de performance et d’observation. Ces catégories descriptives sont utiles, mais ne constituent pas des diagnostics distincts.
Anxiété dans les interactions
L’anxiété dans les interactions apparaît pendant les conversations et les échanges sociaux. Elle peut concerner :
- Faire la conversation
- Rencontrer des personnes inconnues
- Rejoindre un groupe
- Avoir un rendez-vous amoureux ou manifester son intérêt
- Parler à des collègues ou à des figures d’autorité
- Faire durer une conversation
- Exprimer un désaccord, dire non ou faire connaître une préférence
Les peurs fréquentes comprennent le fait de ne plus savoir quoi dire, de paraître ennuyeux ou maladroit, de dire quelque chose d’inapproprié, d’offenser quelqu’un ou d’être rejeté.
L’anxiété dans les interactions peut être particulièrement douloureuse, car une personne peut désirer profondément créer des liens tout en trouvant menaçantes les situations qui rendent ces liens possibles.
Anxiété de performance
L’anxiété de performance apparaît lorsqu’une personne s’attend à être évaluée pendant qu’elle parle, présente quelque chose, se produit ou démontre une capacité.
Il peut notamment s’agir de :
- Faire une présentation ou un discours
- Prendre la parole en réunion
- Répondre à des questions en classe
- Lire à voix haute
- Passer un entretien d’embauche
- Jouer de la musique, monter sur scène ou participer à une compétition
- Se présenter formellement devant un groupe
La personne peut craindre de rester bloquée, d’oublier ce qu’elle voulait dire, de paraître incompétente, de montrer des signes visibles d’anxiété ou de ne pas réussir à se reprendre après une erreur.
Consultez Peur de parler en public pour approfondir l’une des peurs de performance les plus courantes.
Anxiété liée au fait d’être observé
Cette forme d’anxiété correspond à la peur d’être regardé pendant des activités ordinaires. Elle peut concerner :
- Manger ou boire
- Écrire ou travailler
- Marcher ou entrer dans une pièce
- Faire de l’exercice
- Passer un appel téléphonique
- Utiliser des toilettes publiques
- Effectuer une tâche sous le regard de quelqu’un
La tâche elle-même n’est pas forcément difficile. Le fait d’être observé peut la rendre artificielle, exposer des symptômes physiques ou créer la possibilité d’un jugement.
Proximité, conflit et expression de soi
Toutes les expériences d’anxiété sociale n’entrent pas clairement dans les trois groupes traditionnels. Certaines personnes ont surtout des difficultés lorsqu’une situation exige de la proximité émotionnelle, un désaccord, de l’affirmation de soi, de la vulnérabilité ou le dévoilement d’informations personnelles.
Elles peuvent gérer une conversation ordinaire, mais devenir très anxieuses lorsqu’elles expriment un besoin, posent une limite, révèlent leurs sentiments, risquent un rejet ou permettent aux autres de vraiment les connaître.
Axe 2 : quelle est l’étendue et la sévérité du schéma ?
Anxiété sociale circonscrite
Certaines personnes ressentent une anxiété intense dans une ou quelques situations seulement. Elles peuvent surtout craindre de parler en public, de manger en public, d’utiliser des toilettes publiques, d’écrire sous le regard de quelqu’un ou de montrer un symptôme physique particulier.
Une peur circonscrite n’est pas automatiquement légère. Son impact dépend de l’importance de la situation et de la possibilité de l’éviter. La peur de parler en public peut limiter une carrière ; la peur de manger en public peut affecter les relations ; la parurésie peut entraver les études, le travail et les voyages.
Anxiété sociale étendue
D’autres personnes ressentent de l’anxiété lors de conversations, en groupe, pendant des rendez-vous amoureux, des réunions, des appels téléphoniques, des prises de parole en public, lorsqu’elles sont observées, en cas de conflit, face à des figures d’autorité et dans les interactions quotidiennes.
Un schéma étendu peut multiplier les occasions d’éviter et affecter considérablement les relations, les études, le travail, l’autonomie et le sentiment d’appartenance.
L’étendue et la sévérité sont liées, mais ne sont pas identiques
La recherche montre régulièrement que les classes proposées d’anxiété sociale diffèrent souvent de manière importante par leur sévérité globale et le nombre de situations redoutées. Cela suggère que certains « types » apparents peuvent en partie correspondre à des positions sur un continuum plutôt qu’à des formes entièrement distinctes du trouble.
L’étendue, l’intensité, le retentissement et la détresse doivent être examinés séparément. Une peur limitée peut être très invalidante, tandis qu’une personne anxieuse dans de nombreuses situations peut continuer à participer au prix d’efforts et d’une détresse considérables.
Axe 3 : que craint la personne ?
Savoir où l’anxiété sociale apparaît ne révèle pas nécessairement ce que la personne redoute. Deux personnes peuvent craindre la même situation pour des raisons très différentes.
L’une peut craindre qu’une présentation révèle son incompétence. Une autre peut avoir peur de rougir. Une autre encore peut s’inquiéter d’offenser le public. Une autre peut redouter qu’une seule erreur la fasse apparaître comme fondamentalement inadéquate.
Une question utile est :
« Qu’est-ce que je crains que cette situation révèle à mon sujet ? »
Peur de se montrer maladroit ou incompétent
Certaines personnes craignent surtout de faire quelque chose de socialement inapproprié : rester bloquées, dire quelque chose d’étrange, ne rien avoir à dire, interrompre quelqu’un, paraître ennuyeuses, marcher de façon maladroite ou ne pas réagir correctement.
Ce schéma peut entraîner des répétitions mentales, une préparation excessive, une auto-observation rigide et des efforts pour suivre parfaitement les règles sociales. La personne peut réprimer son humour, sa chaleur, ses opinions ou sa spontanéité, car toute erreur lui semble dangereuse.
Peur des symptômes visibles de l’anxiété
Chez certaines personnes, le fait de rougir, de transpirer, de trembler, d’avoir la voix tremblante, des nausées, des tensions musculaires, des sensations proches de la panique ou l’esprit qui se vide devient la conséquence redoutée centrale.
La personne ne craint pas seulement le symptôme. Elle craint ce que les observateurs en concluront : qu’elle est faible, incompétente, instable, étrange ou qu’elle cache quelque chose.
Surveiller le symptôme peut accroître l’anxiété, ce qui renforce le symptôme et le rend encore plus visible à ses yeux. Consultez Symptômes physiques de l’anxiété sociale.
Peur d’offenser, de déranger ou de contrarier les autres
Certaines personnes craignent moins de paraître incompétentes que de mettre quelqu’un mal à l’aise, de sembler impolies, de décevoir les autres, de prendre trop de place ou d’offenser quelqu’un.
Cela peut conduire à s’excuser excessivement, à vouloir plaire aux autres, à éviter les conflits, à inhiber ses émotions et à avoir du mal à exprimer ses besoins ou à poser des limites.
De l’extérieur, ce comportement peut sembler attentionné, alors qu’il est intérieurement motivé par la peur. Consultez Vouloir plaire aux autres et anxiété sociale.
Peur du rejet ou du jugement négatif
Une personne peut craindre d’être perçue comme ennuyeuse, étrange, peu attirante, trop demandeuse, faible, inférieure, impolie ou antipathique. Le jugement anticipé est important parce qu’il semble menacer l’acceptation, le statut, l’intimité ou l’appartenance.
Peur de la honte, d’être exposé ou « démasqué »
Parfois, la peur ne porte pas sur une erreur précise. Il s’agit du sentiment que le fait d’être visible socialement révélera quelque chose d’inacceptable à propos de soi.
Cela peut concerner l’apparence, les émotions, la personnalité, l’histoire sociale, la sexualité, la culture, la classe sociale, un traumatisme, la santé mentale ou un sentiment moins clairement défini d’être défectueux ou différent.
Dans ce schéma, les situations sociales peuvent ressembler à des tests de valeur personnelle. Consultez Honte et anxiété sociale.
Préoccupations liées à l’image de soi renvoyée aux autres
Des travaux ont proposé que les personnes ayant une anxiété sociale puissent différer selon l’aspect redouté d’elles-mêmes qu’elles pensent susceptible de devenir visible. Les domaines étudiés comprennent l’incompétence sociale perçue, l’anxiété visible, l’apparence physique et le caractère personnel. Ces domaines peuvent enrichir la compréhension individualisée, mais ne constituent pas des sous-types officiels.
Axe 4 : qu’est-ce qui maintient l’anxiété ?
Des personnes ayant des peurs similaires peuvent y répondre de façons différentes. Il est plus utile de considérer ces réponses comme des processus de maintien que comme des types distincts.
Évitement
Une personne peut se tenir à l’écart de la plupart des situations redoutées. Une autre peut n’éviter que les plus difficiles. L’évitement apporte un soulagement immédiat, mais empêche de nouveaux apprentissages et peut progressivement réduire le champ de la vie.
Comportements de sécurité
Une personne peut affronter des situations sociales tout en répétant mentalement ce qu’elle va dire, en cachant ses symptômes, en évitant le regard, en parlant très peu, en cherchant à être rassurée, en se préparant excessivement, en restant près d’une personne de confiance ou en essayant de paraître parfaitement calme.
Ces stratégies peuvent l’empêcher d’apprendre que la situation aurait peut-être été gérable sans autant de protection.
Attention centrée sur soi
Certaines personnes surveillent leur visage, leur voix, leur posture, leurs mots, leur regard et leurs sensations physiques avec une telle intensité qu’il leur reste peu d’attention pour l’interaction elle-même.
Elles peuvent prendre leurs sensations internes pour des preuves de la réalité extérieure : « Je me sens maladroit, donc je dois paraître maladroit. »
Inquiétude anticipatoire et rumination mentale
Une grande partie de la souffrance peut survenir avant ou après la situation. La personne s’inquiète, répète mentalement, imagine l’échec, repasse l’événement, cherche ses erreurs et se juge sévèrement.
Volonté de plaire aux autres et perfectionnisme
Certaines personnes se protègent en se montrant extrêmement conciliantes, dociles, performantes, drôles, serviables ou en essayant d’être irréprochables. Elles peuvent sembler socialement à l’aise tout en se sentant contrôlées, invisibles et épuisées.
Honte et autocritique
Pour certaines personnes, les erreurs sont interprétées comme une preuve d’inadéquation. Une pause devient « Je suis ennuyeux ». Rougir devient « Je suis pathétique ». Un rejet devient « Je ne mérite pas d’être aimé ».
Autres dimensions pouvant compter
Un profil plus complet peut également prendre en compte :
- La motivation sociale et le désir de créer des liens
- Le retrait, le manque d’énergie ou une motivation d’approche réduite
- L’évitement ou l’inhibition émotionnelle
- L’affirmation de soi et la capacité à exprimer sa colère
- La solitude et le fonctionnement relationnel
- La dépression, l’anxiété généralisée, l’insomnie ou d’autres difficultés
- Les traits de personnalité et les modes de régulation émotionnelle
Ces caractéristiques peuvent aider à comprendre pourquoi deux personnes présentant une sévérité comparable d’anxiété sociale peuvent vivre le trouble — et répondre au traitement — de manière différente.
Ce que suggère la recherche sur l’hétérogénéité de l’anxiété sociale
Les chercheurs ont étudié l’hétérogénéité de l’anxiété sociale selon plusieurs approches. Celles-ci comprennent les études sur les situations redoutées, les modèles dimensionnels, les analyses de classes et de profils latents, les peurs centrales liées à l’image de soi, les réseaux de symptômes, les prédicteurs du traitement et les mécanismes qui dépassent les frontières diagnostiques.
1. La sévérité est importante, mais n’explique pas tout
Les études qui classent les personnes selon les situations redoutées identifient souvent des groupes allant de peurs moins nombreuses ou plus circonscrites à une anxiété plus étendue et plus sévère. Cela indique que l’étendue et la sévérité constituent des sources majeures de variation.
Cependant, la sévérité à elle seule peut masquer des différences significatives dans les conséquences redoutées, la motivation, les stratégies d’adaptation, la honte, la régulation émotionnelle, les troubles associés et le fonctionnement social.
2. Le soi redouté peut apporter des informations supplémentaires
Les recherches sur les préoccupations liées à l’image de soi suggèrent que les personnes peuvent différer dans ce qu’elles craignent le plus de révéler. Des travaux ont étudié des peurs concernant la compétence sociale, l’anxiété visible, l’apparence et le caractère personnel.
Martin Stork, fondateur de CSA, et ses collègues ont étudié la sensibilité à l’anxiété et l’évitement expérientiel chez des participants dont la peur principale concernait le fait de se comporter de manière incompétente ou de montrer des symptômes d’anxiété visibles. Un petit nombre de participants ont indiqué que leur principale préoccupation était d’offenser les autres, mais ce sous-groupe était trop réduit pour être analysé séparément. L’étude a mis en évidence des différences entre les deux groupes analysés, ce qui soutient la poursuite des recherches sur le contenu des peurs sociales ; toutefois, son plan transversal ne permet pas d’établir des sous-types cliniques fixes.
3. La recherche centrée sur la personne va au-delà des différences moyennes
La recherche traditionnelle demande souvent comment des variables sont liées en moyenne dans un échantillon entier. Les méthodes centrées sur la personne examinent plutôt si des groupes présentent des combinaisons récurrentes de caractéristiques.
Elles peuvent révéler des schémas qu’un score total de symptômes ne montre pas. Par exemple, des personnes ayant des scores d’anxiété sociale similaires peuvent différer par leur motivation sociale, leur détresse émotionnelle, leur évitement, leur personnalité, leur sommeil, leur dépression ou leur régulation.
4. Les travaux récents deviennent plus dimensionnels et centrés sur les mécanismes
Une évolution plus générale de la recherche sur l’anxiété consiste à comprendre les individus à travers des dimensions et des mécanismes — comme la sensibilité à la menace, l’évitement, l’activation, la régulation et la motivation liée à la récompense ou à l’approche — plutôt qu’à partir du seul diagnostic.
Les approches centrées sur les symptômes, les réseaux, les modèles computationnels et les données multimodales pourraient à terme aider à expliquer pourquoi des personnes ayant le même diagnostic suivent des trajectoires différentes ou répondent différemment au traitement.
5. Le traitement personnalisé et modulaire est un objectif émergent
Des recherches récentes ont commencé à évaluer des interventions modulaires et des modèles visant à prédire qui pourrait bénéficier de certains formats ou composants. Une étude de 2025 a par exemple indiqué qu’un programme numérique modulaire de thérapie cognitivo-comportementale pour l’anxiété sociale semblait sûr, acceptable et efficace par rapport à des conditions contrôles sur liste d’attente dans deux essais randomisés.
Cela soutient la faisabilité d’une offre de traitement flexible. Cela ne démontre pas encore que l’attribution de modules selon un profil validé d’anxiété sociale améliore les résultats par rapport à un traitement individualisé de grande qualité.
Ce que la recherche n’a pas établi
Aucun ensemble largement accepté de profils multidimensionnels d’anxiété sociale n’a été reproduit de manière constante dans différentes populations, cultures, mesures et méthodes. Les chercheurs ne disposent pas non plus de règles validées associant un profil particulier à un traitement particulier.
Les solutions de profils peuvent dépendre des variables mesurées, de l’échantillon recruté et de la méthode statistique utilisée. Certains groupes apparents peuvent correspondre à des degrés de sévérité ; d’autres peuvent refléter de véritables différences qualitatives. Des réplications longitudinales, des recherches interculturelles, des validations externes et des études sur la réponse au traitement restent nécessaires.
Une voie prometteuse, pas une classification achevée
La conclusion la plus défendable est que l’anxiété sociale présente une hétérogénéité significative et mérite une étude plus individualisée. Le nombre exact, les limites, la stabilité et la valeur clinique des profils proposés restent des questions scientifiques ouvertes.
Le fondateur de CSA étudie l’hétérogénéité et les modèles de l’anxiété sociale centrés sur la personne. Consultez Recherche sur l’anxiété sociale pour découvrir le contexte scientifique et les publications du projet.
Que signifie l’hétérogénéité pour le traitement ?
Des schémas différents ne nécessitent pas forcément des thérapies entièrement différentes. Les traitements fondés sur les données probantes comportent déjà une évaluation individualisée et peuvent être adaptés aux peurs, aux comportements et aux circonstances de la personne.
Le schéma de la personne peut influencer les priorités du traitement :
- Peurs de performance : expériences comportementales pertinentes, exposition, travail attentionnel et mise à l’épreuve des croyances sur la compétence et l’anxiété visible
- Peurs liées aux interactions : réduction des comportements de sécurité pendant les conversations, déplacement de l’attention vers l’extérieur, pratique de la spontanéité et mise à l’épreuve des prédictions de rejet
- Peurs liées au fait d’être observé : réalisation de tâches sous le regard d’autrui et réduction des tentatives visant à cacher ou contrôler chaque signe d’anxiété
- Peur des symptômes visibles : modification des significations catastrophiques attribuées aux symptômes et réduction de leur surveillance et de leur dissimulation
- Volonté de plaire aux autres et peur d’offenser : affirmation de soi, limites, expression émotionnelle et tolérance au désaccord ou à une éventuelle désapprobation
- Honte et autocritique marquées : travail sur les croyances douloureuses à propos de soi et développement d’une relation moins hostile avec soi-même
- Faible motivation ou retrait : reprise progressive d’activités importantes, de liens et de comportements d’approche
- Difficultés étendues ou complexes : plan structuré abordant également la dépression, le traumatisme, la consommation de substances ou d’autres difficultés pertinentes
Limites des données probantes
Il s’agit de domaines d’accent possibles, et non de prescriptions spécifiques à des profils dont l’efficacité serait démontrée. La thérapie cognitivo-comportementale individuelle conçue pour l’anxiété sociale reste l’un des traitements psychologiques les mieux étayés. D’autres approches peuvent être utiles selon la personne, mais davantage de recherches sont nécessaires pour déterminer si une sélection formelle du traitement fondée sur des profils améliore les résultats.
Un bon traitement ne consiste pas simplement à associer une technique à un type. Il développe une compréhension individualisée de ce que la personne prédit, évite, cherche à protéger et souhaite poursuivre.
Consultez Traitement de l’anxiété sociale pour un aperçu des options fondées sur les données probantes.
Comment comprendre votre propre schéma d’anxiété sociale
Vous n’avez pas besoin de vous faire entrer dans une seule catégorie. Vous pouvez plutôt réfléchir à plusieurs questions :
- Quelles situations déclenchent le plus mon anxiété ?
- Est-elle la plus forte lors d’interactions, de performances, lorsque je suis observé, dans la proximité ou en cas de conflit ?
- Le schéma se limite-t-il à quelques situations ou touche-t-il de nombreux domaines de ma vie ?
- Qu’est-ce que je crains que les autres remarquent ?
- Qu’est-ce que je crains qu’ils pensent ou concluent ?
- Ai-je surtout peur de paraître incompétent, de montrer mon anxiété, d’offenser quelqu’un, d’être rejeté ou d’être exposé ?
- Que signifierait pour moi la conséquence redoutée ?
- Quelles situations est-ce que j’évite complètement ?
- Dans quelles situations est-ce que je ne m’engage qu’avec des protections ?
- Quels comportements de sécurité est-ce que j’utilise ?
- Est-ce avant, pendant ou après les situations sociales que j’éprouve le plus de difficultés ?
- La honte, la solitude, la dépression, le manque de motivation, le perfectionnisme ou la volonté de plaire aux autres aggravent-ils la difficulté ?
- Qu’est-ce que l’anxiété sociale m’a coûté ?
- Vers quoi irais-je si la peur contrôlait moins mes choix ?
Ces questions peuvent transformer la conclusion vague « J’ai de l’anxiété sociale » en une compréhension plus précise de la manière dont l’anxiété fonctionne.
Utilisez les schémas comme des cartes, pas comme des identités
Comprendre les schémas peut réduire la confusion et orienter des exercices pertinents. Cela devient moins utile lorsqu’un schéma descriptif se transforme en identité fixe :
- « Je suis du type qui rougit. »
- « Je suis socialement incompétent. »
- « Mon profil signifie que je ne peux pas changer. »
L’anxiété sociale peut varier selon le contexte. Une personne peut parler avec assurance dans un rôle professionnel structuré, mais avoir du mal dans les conversations informelles. Elle peut se sentir à l’aise avec des amis proches, mais anxieuse lors de rendez-vous amoureux. Elle peut sembler très compétente extérieurement tout en vivant en privé une honte et une rumination mentale intenses.
Les schémas peuvent également changer grâce à l’apprentissage, au traitement, aux relations, à l’évolution des circonstances et à l’expérience.
Un profil est avant tout une carte de travail du présent, et non une affirmation permanente sur ce que vous êtes.
Points clés
- L’anxiété sociale est hétérogène : elle ne se manifeste pas et ne fonctionne pas de la même manière chez tout le monde.
- Le DSM-5-TR comprend un spécificateur « performance uniquement », mais il n’existe pas d’ensemble établi de plusieurs sous-types diagnostiques.
- L’anxiété sociale peut être décrite à partir des situations redoutées, de son étendue et de sa sévérité, des conséquences centrales redoutées et des processus de maintien.
- Les peurs liées aux interactions, aux performances et au fait d’être observé se chevauchent fréquemment.
- Les personnes peuvent craindre de se comporter de manière incompétente, de montrer leur anxiété, d’offenser les autres, d’être rejetées ou de révéler quelque chose de honteux.
- L’évitement, les comportements de sécurité, l’attention centrée sur soi, la rumination mentale, la volonté de plaire aux autres et la honte sont des processus de maintien, et non des types officiels distincts.
- Les recherches centrées sur la personne, dimensionnelles, modulaires et axées sur les mécanismes sont prometteuses.
- Les profils proposés ne sont pas encore des catégories diagnostiques validées ni des règles fiables de sélection du traitement.
- Le but est de comprendre le schéma d’une personne sans en faire une identité fixe.
Pour aller plus loin
Ces pages approfondissent les dimensions et processus centraux.
Examinez la peur centrale de l’évaluation négative qui relie de nombreux schémas d’anxiété sociale.
Découvrez pourquoi le rougissement, les tremblements, la transpiration et d’autres réactions physiques peuvent devenir des conséquences sociales redoutées.
Repérez les stratégies de protection discrètes qui peuvent maintenir l’anxiété même lorsqu’une personne continue à participer.
Voyez comment les prédictions, l’attention centrée sur soi, la protection, le soulagement à court terme et la rumination mentale se renforcent mutuellement.
Comparez les options de traitement fondées sur les données probantes et découvrez comment le traitement peut être individualisé.
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CSA fournit des informations éducatives, et non un soutien d’urgence ni un substitut à un diagnostic, un traitement ou une thérapie professionnels. Les schémas décrits ici ne sont pas des sous-types diagnostiques et ne doivent pas servir à choisir un traitement sans une évaluation professionnelle individualisée. Si vous êtes en danger immédiat ou en situation de crise, cherchez une aide urgente près de chez vous. Pour plus d’informations, consultez Aide en situation de crise et l’Avertissement médical et relatif à la santé mentale.